Ça n’est pas notre propos
habituel, mais un coach est aussi citoyen et la gravité et la répétition des
actes terroristes qui meurtrissent particulièrement le sol français depuis les
actions de Mohamed Merah nous incitent à écrire ces lignes.
Nous sommes unis contre la peur, mais individuellement nous aurons peur
Tout d’abord, soyons clairs, nous
ne détenons pas la solution. Nous
constatons simplement que la situation s’aggrave et qu’aucun politique,
policier ou militaire n’est aujourd’hui à même de garantir notre sécurité. Le
début des polémiques politiques « Si tous les moyens
avaient été pris, le drame de Nice n'aurait pas eu lieu » laisse entendre que le
règne des faukon, yaka et de la
communication politique va prendre le pas sur l’attitude digne et solidaire des
citoyens qu’on pouvait voir encore sur les réseaux sociaux jeudi soir. Et
comment en serait-il autrement alors que nous savons que Nice n’est pas le
dernier attentat, que le danger persiste, que ces gens peuvent attaquer
n’importe qui, n’importe où. Aujourd’hui, personne ne sait quoi faire et bien
qu’on ait crié le 8 janvier 2015 Place de la République qu’on n’a « même
pas peur », il faut le reconnaitre, nous avons changé. Nous ne sommes plus
les mêmes lorsqu’on voit un bagage sans propriétaire dans le métro ou le train,
lorsqu’on se rend à certains évènements où il y a du monde, lorsqu’on doit
décider si nos enfants doivent y participer, lorsqu’on assiste à des tentatives
de nous diviser. Nous avons peur du chaos.
C’est le but du pseudo Etat Islamiste : nous faire peur pour prospérer
Le but de l’Etat Islamiste qui se déclare derrière ce
nouvel attentat est de nous faire peur, en utilisant de très faibles moyens.
Nous faire peur pour que l’opinion publique se retourne contre les velléités
d’intervention sur leur propre terrain. Ainsi, il pourra étendre et mondialiser
son pouvoir.
Les moyens sont disproportionnés : des dizaines de
milliers de policiers et militaires sont maintenant mobilisés en permanence sur
le sol français et exténués. Face à eux, un illuminé tue 84 personnes avec un
camion loué. N'oublions pas que les frères Kouachi se sont trompés d’adresse
lors de l’attaque de Charlie Hebdo et ont oublié leurs papiers lors d’un
changement de voiture, que Sihd Ahmed Ghlam s’est tiré une balle dans le pied s’empêchant
de perpétrer l’attentat de Villejuif, que le 13 novembre les trois terroristes
qui se sont fait exploser devant le Stade de France n’avaient pas été fichus
d’y entrer. Les terroristes que nous craignons sont plus proche des pieds
nickelés que des militaires surentrainés du GIGN. Pourtant ça marche. (voir
à ce sujet le très intéressant article de Yuval Noah Harari)
L’histoire récente des guerres du Vietnam et de l’Irak,
entre autres, nous apprennent à quel point la plus grande armée du monde peut
être impuissante face à des individus de terrain déterminés au point de laisser
leur vie.
Aussi, les discours sécuritaires, les plus de, les faukon yaka systématiquement privatifs de liberté nous conduisent à
une impasse. Pourtant, en cette période d’élections, bien que vains, ils vont
prospérer. Et nous diviser. Et satisfaire les tenants du terrorisme.
Unis, nous ferons beaucoup plus que si nous sommes divisés
Un acquis important : aujourd’hui, le peuple est
uni. Les actes de bravoure individuels sont mis en avant et nous émeuvent. De
nombreux anonymes ont risqué leur vie pour sauver leur prochain. Des chaines de
solidarité se sont mises en place pour permettre aux familles de retrouver les
leurs. Des lieux ont été spontanément mis à disposition pour aider les
sauveteurs à sauver ceux qui pouvaient l’être, de nombreux volontaires sont
venus donner un coup de main, on apporte des fleurs sur les lieux des
attentats. Jamais nous n’avons été aussi solidaires.
Conservons cet acquis, il est précieux. Ne nous
divisons pas, car nous le savons, unis nous ferons beaucoup plus que si nous
sommes divisés.
Et tous ensemble, explorons d’autres voies
C’est le retentissement de l’attentat
qui crée son fondement. Imaginons – ce n’est pas souhaitable – qu’aucun média n’ait
relayé la suite d’attentats que nous avons connue. Ils s’arrêteraient d’eux-mêmes.
C’est bien le retentissement et l’émotion qu’ils suscitent qui intéressent
leurs commanditaires. Bien entendu, il n’est pas question de censurer la
presse, mais celle-ci pourrait entamer une réflexion sur la façon de traiter l’information
qui ne se renouvelle pas depuis le début des attentats. Un traitement anxiogène.
Il s’ouvre ainsi une autre voie de réflexion sur laquelle personne ne semble
avoir investigué pour l’instant.
Les pratiquants des sports
martiaux nippons savent qu’on peut retourner le rapport de forces en utilisant
la force de l’ennemi à notre profit. C’est une autre voie qui pour l’instant ne
profite qu’aux terroristes.
Dans le milieu des affaires, on
parle beaucoup de disruption. "L’innovation disruptive est une innovation
de rupture, par opposition à l’innovation incrémentale, qui se contente d’optimiser
l’existant " Jean-Marie Dru. Plutôt que continuer à faire plus de, nous pourrions penser autrement que réagir systématiquement.
Des voies, on peut en trouver, à
condition de s’en donner les moyens. Or, nous le répétons, en cette période
électorale, il n’y en a qu’une réagir en
déployant vainement plus de force.
Si les modèles existants sont impuissants à apporter des réponses adéquates. Inventons des modèles
Il me parait urgent de mettre sur
pied un comité de sages représentatifs du peuple français auquel on assignerait
une feuille de route à court et à long terme.
Il serait composé de huit à douze
membres, intellectuels, créatifs et personnes de terrain, membres de la société
civile. L’Etat lui procurerait les moyens d’exécuter sa feuille de route. Il
travaillerait en relation directe avec des panels de citoyennes et citoyens.
Une communication pédagogique au niveau national serait mise en place. Pas de
petites phrases, des points réguliers aussi clairs que ceux auxquels le
Procureur Molins nous a maintenant habitués.
La feuille de route :
- · Premier temps : dresser un état des lieux éclairant
- · Deuxième temps : élaborer des pistes exécutables à court, moyen terme
- · Troisième temps : concomitamment à la mise en place des décisions du deuxième temps, une réflexion sur le long terme
Un état des lieux éclairant :
utiliser tout l’existant, et notamment les enquêtes parlementaires réalisées,
mais aussi auditionner les acteurs à quelque titre, voir ce qui marche ailleurs
afin de dresser un état de la situation non partisan. Objectif : savoir ce
qui a été fait, ce qui a été mal fait, ce qui pourrait être amélioré facilement
et rapidement.
Pistes exécutables à court et
moyen terme : tenir compte de ce qui précède pour améliorer les pratiques
actuelles, mettre en place les bonnes idées.
Réflexion sur le long terme :
se donner du temps pour enrichir une réflexion collective et impliquer les
citoyens dans la lutte contre le terrorisme, trouver de nouvelles voies, les explorer,
les expliquer, les essayer.
Les deux premiers temps ne
devraient pas durer plus de deux mois. Le troisième temps serait plus long.
Le choix des membres du comité
des sages : élections individuelles sur internet d’un représentant par catégorie
- · Un-e spécialiste de la sécurité
- · Un-e spécialiste de la géopolitique
- · Un-e représentant-e du monde scientifique
- · Un-e économiste
- · Un-e sociologue
- · Un-e historien-ne
- · Un-e psychologue
- · Un-e journaliste
- · Un-e sportif-ve
- · Un-e artiste
- · Un-e à deux citoyen-ne-s identifié-e-s comme représentatif-ve-s et non partisan-ne-s
A titre exceptionnel, la
vérification de la régularité de l’ensemble du processus serait déléguée au
Conseil Constitutionnel qui aurait mandat d’intervenir en toute urgence.
Calendrier :
Calendrier :
- élection du comité des sages 1ère quinzaine de septembre 2016
- court et moyen terme : septembre à mi novembre 2016
- long terme : préparation fin octobre 2016
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