lundi 18 juillet 2016

Parce que la lutte contre le terrorisme est une cause nationale, pas un enjeu électoral


Ça n’est pas notre propos habituel, mais un coach est aussi citoyen et la gravité et la répétition des actes terroristes qui meurtrissent particulièrement le sol français depuis les actions de Mohamed Merah nous incitent à écrire ces lignes.

Nous sommes unis contre la peur, mais individuellement nous aurons peur


Tout d’abord, soyons clairs, nous ne détenons pas la solution. Nous constatons simplement que la situation s’aggrave et qu’aucun politique, policier ou militaire n’est aujourd’hui à même de garantir notre sécurité. Le début des polémiques politiques « Si tous les moyens avaient été pris, le drame de Nice n'aurait pas eu lieu » laisse entendre que le règne des faukon, yaka et de la communication politique va prendre le pas sur l’attitude digne et solidaire des citoyens qu’on pouvait voir encore sur les réseaux sociaux jeudi soir. Et comment en serait-il autrement alors que nous savons que Nice n’est pas le dernier attentat, que le danger persiste, que ces gens peuvent attaquer n’importe qui, n’importe où. Aujourd’hui, personne ne sait quoi faire et bien qu’on ait crié le 8 janvier 2015 Place de la République qu’on n’a « même pas peur », il faut le reconnaitre, nous avons changé. Nous ne sommes plus les mêmes lorsqu’on voit un bagage sans propriétaire dans le métro ou le train, lorsqu’on se rend à certains évènements où il y a du monde, lorsqu’on doit décider si nos enfants doivent y participer, lorsqu’on assiste à des tentatives de nous diviser. Nous avons peur du chaos.

C’est le but du pseudo Etat Islamiste : nous faire peur pour prospérer


Le but de l’Etat Islamiste qui se déclare derrière ce nouvel attentat est de nous faire peur, en utilisant de très faibles moyens. Nous faire peur pour que l’opinion publique se retourne contre les velléités d’intervention sur leur propre terrain. Ainsi, il pourra étendre et mondialiser son pouvoir.
Les moyens sont disproportionnés : des dizaines de milliers de policiers et militaires sont maintenant mobilisés en permanence sur le sol français et exténués. Face à eux, un illuminé tue 84 personnes avec un camion loué. N'oublions pas que les frères Kouachi se sont trompés d’adresse lors de l’attaque de Charlie Hebdo et ont oublié leurs papiers lors d’un changement de voiture, que Sihd Ahmed Ghlam s’est tiré une balle dans le pied s’empêchant de perpétrer l’attentat de Villejuif, que le 13 novembre les trois terroristes qui se sont fait exploser devant le Stade de France n’avaient pas été fichus d’y entrer. Les terroristes que nous craignons sont plus proche des pieds nickelés que des militaires surentrainés du GIGN. Pourtant ça marche. (voir à ce sujet le très intéressant article de Yuval Noah Harari)
L’histoire récente des guerres du Vietnam et de l’Irak, entre autres, nous apprennent à quel point la plus grande armée du monde peut être impuissante face à des individus de terrain déterminés au point de laisser leur vie.
Aussi, les discours sécuritaires, les plus de, les faukon yaka systématiquement privatifs de liberté nous conduisent à une impasse. Pourtant, en cette période d’élections, bien que vains, ils vont prospérer. Et nous diviser. Et satisfaire les tenants du terrorisme.

Unis, nous ferons beaucoup plus que si nous sommes divisés


Un acquis important : aujourd’hui, le peuple est uni. Les actes de bravoure individuels sont mis en avant et nous émeuvent. De nombreux anonymes ont risqué leur vie pour sauver leur prochain. Des chaines de solidarité se sont mises en place pour permettre aux familles de retrouver les leurs. Des lieux ont été spontanément mis à disposition pour aider les sauveteurs à sauver ceux qui pouvaient l’être, de nombreux volontaires sont venus donner un coup de main, on apporte des fleurs sur les lieux des attentats. Jamais nous n’avons été aussi solidaires.
Conservons cet acquis, il est précieux. Ne nous divisons pas, car nous le savons, unis nous ferons beaucoup plus que si nous sommes divisés.

Et tous ensemble, explorons d’autres voies


C’est le retentissement de l’attentat qui crée son fondement. Imaginons – ce n’est pas souhaitable – qu’aucun média n’ait relayé la suite d’attentats que nous avons connue. Ils s’arrêteraient d’eux-mêmes. C’est bien le retentissement et l’émotion qu’ils suscitent qui intéressent leurs commanditaires. Bien entendu, il n’est pas question de censurer la presse, mais celle-ci pourrait entamer une réflexion sur la façon de traiter l’information qui ne se renouvelle pas depuis le début des attentats. Un traitement anxiogène. Il s’ouvre ainsi une autre voie de réflexion sur laquelle personne ne semble avoir investigué pour l’instant.
Les pratiquants des sports martiaux nippons savent qu’on peut retourner le rapport de forces en utilisant la force de l’ennemi à notre profit. C’est une autre voie qui pour l’instant ne profite qu’aux terroristes.
Dans le milieu des affaires, on parle beaucoup de disruption. "L’innovation disruptive est une innovation de rupture, par opposition à l’innovation incrémentale, qui se contente d’optimiser l’existant " Jean-Marie Dru. Plutôt que continuer à faire plus de, nous pourrions penser autrement que réagir systématiquement.
Des voies, on peut en trouver, à condition de s’en donner les moyens. Or, nous le répétons, en cette période électorale, il n’y en a qu’une réagir en déployant vainement plus de force.

Si les modèles existants sont impuissants à apporter des réponses adéquates. Inventons des modèles


Il me parait urgent de mettre sur pied un comité de sages représentatifs du peuple français auquel on assignerait une feuille de route à court et à long terme.
Il serait composé de huit à douze membres, intellectuels, créatifs et personnes de terrain, membres de la société civile. L’Etat lui procurerait les moyens d’exécuter sa feuille de route. Il travaillerait en relation directe avec des panels de citoyennes et citoyens. Une communication pédagogique au niveau national serait mise en place. Pas de petites phrases, des points réguliers aussi clairs que ceux auxquels le Procureur Molins nous a maintenant habitués.
La feuille de route :
  • ·    Premier temps : dresser un état des lieux éclairant
  • ·    Deuxième temps : élaborer des pistes exécutables à court, moyen terme
  • ·  Troisième temps : concomitamment à la mise en place des décisions du deuxième temps, une réflexion sur le long terme

Un état des lieux éclairant : utiliser tout l’existant, et notamment les enquêtes parlementaires réalisées, mais aussi auditionner les acteurs à quelque titre, voir ce qui marche ailleurs afin de dresser un état de la situation non partisan. Objectif : savoir ce qui a été fait, ce qui a été mal fait, ce qui pourrait être amélioré facilement et rapidement.

Pistes exécutables à court et moyen terme : tenir compte de ce qui précède pour améliorer les pratiques actuelles, mettre en place les bonnes idées.

Réflexion sur le long terme : se donner du temps pour enrichir une réflexion collective et impliquer les citoyens dans la lutte contre le terrorisme, trouver de nouvelles voies, les explorer, les expliquer, les essayer.

Les deux premiers temps ne devraient pas durer plus de deux mois. Le troisième temps serait plus long.

Le choix des membres du comité des sages : élections individuelles sur internet d’un représentant par catégorie
  • ·        Un-e spécialiste de la sécurité
  • ·        Un-e spécialiste de la géopolitique
  • ·        Un-e représentant-e du monde scientifique
  • ·        Un-e économiste
  • ·        Un-e sociologue
  • ·        Un-e historien-ne
  • ·        Un-e psychologue
  • ·        Un-e journaliste
  • ·        Un-e sportif-ve
  • ·        Un-e artiste
  • ·        Un-e à deux citoyen-ne-s identifié-e-s comme représentatif-ve-s et non partisan-ne-s

A titre exceptionnel, la vérification de la régularité de l’ensemble du processus serait déléguée au Conseil Constitutionnel qui aurait mandat d’intervenir en toute urgence.

Calendrier :

  • élection du comité des sages 1ère quinzaine de septembre 2016
  • court et moyen terme : septembre à mi novembre 2016
  • long terme : préparation fin octobre 2016



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