mercredi 23 juillet 2008

A VENDRE - A ACHETER

Miracle, ô miracle, le 22 juin 2008, à Cergy le Haut, près de la gare RER j’ai lu le panneau suivant : BIEN à ACHETER. Un agent immobilier a eu l’idée de faire parler ces panneaux. Depuis 40 ans c’est toujours marqué « à vendre 2 pièces tél » optionnels le nombre de pièces et le numéro de téléphone, à tel point qu’on est prêts à accepter un AV ou même simplement F2 et un nombre impressionnant d’abréviations : PdT , RDC, 2P, kitch, cuisine US, be ou beg, à raffr, voire traduire de nous-mêmes : charmant, coquet, fonctionnel = petit; insolite, original, ravissant = ça ne va pas plaire à tout le monde ; idéal pied à terre= garçonnière pour célibataires, inutilisable en famille. Le langage texto comparé à ce qu’on accepte des agents immobiliers, c’est de la littérature. Et là : révolution « à acheter 2 pièces », tiens donc, on s’intéresse à l’acquéreur.

Alors, je furète dans ma tête une explication. Génie du marketing ? Non, à vrai dire , l’agent est payé par le vendeur, il est donc bien chargé de vendre le bien. Il dispose d’un mandat de vente. Et puis, en période de hausse des prix, l’acheteur est facile à trouver, il y a un jeu de moutons. Les prix montent, il faut acheter, car on achète moins cher que plus tard. Time is money. Aussi, les vendeurs sont très tentés de vendre en direct. Comme le commerçant, ils achalandent, leur produit est à vendre, en période de hausse.

Il pourrait donc s’agir d’une adaptation au marché : le vendeur va chercher l’acheteur. Le panneau est issu d’un réseau. Dans ce réseau, il y a un mec ou plusieurs, qui a ou qui ont décidé de s’adapter au marché : on n’arrive plus à vendre, adressons nous aux quelques acheteurs qui restent en leur manifestant un intérêt direct. Aussi, le discours des responsables de l’immobilier, aimablement relayé par les journalistes économiques, qui dit « continuez à acheter en ce moment » (Bernard Cadeau, Pdt d’ORPI le 20 juin sur France-Info) fondé sur l’idée qu’on est sur un plateau et que les prix vont tout de suite remonter me semble gentiment balayé par ce panneau. J’ai l’impression que, comme au moment de l’effondrement de la bulle internet, du krach des subprimes, un jeu à chaque fois s’établit qui fait que sur l’instant, on est prêts à croire que le nuage de Tchernobyl s’est arrêté avant l’Alsace.

Merci à l'agent immobilier qui a eu l'idée de s'intéresser à celui qui va sortir son chèque pour un important investissement familial. Merci àvous d'avoir accepté de penser autrement et ce faisant d'avoir été transparent.

Je ne suis pas Madame Irma et je ne sais pas quelle sera la situation demain. Mais qu’on évite sur une radio crédible de laisser dire sans contradicteur que la situation ne peut se dégrader gravement. On n’en sait rien et on n’a pas à inciter les gens à s’endetter. Saluons plutôt celui ou ceux qui utilisent les moments difficiles pour se remettre en cause et faire avancer les autres.

A propos de Madame Irma, elle vient de faire ses débuts sous le nouveau gouvernement. Ouï dires et rumeurs, une célèbre astrologue aurait été maitresse d’un ou plusieurs hommes politiques dans les années 80. Un reportage, il y a quelques années disait explicitement que le général de Gaulle, lorsqu’il était président de la République consultait parfois un astrologue … militaire. Aujourd’hui, on ne consulte plus, on ne couche plus, on incarne. Je suis tombé sur l’article suivant (AFP, repris par le JDD et Yahoo News le 28/06/08 à 19h17) Hervé Novelli secrétaire d’état chargé du commerce et de l’artisanat des PME « prédit (sic) une saison touristique en France relativement bonne ». On devrait lui demander s’il prédit une remontée rapide de l’immobilier ?

vendredi 18 juillet 2008

COACHS, DE GRACE DETRUISEZ VOS NOTES

Une jeune consoeur, en cours de formation, m’appelle cette semaine. Elle a tendance à me faire partager ses états, en effet, je l’ai initiée à mon beau métier.
Je me souviens avoir entendu Maurice Genevoix chez Pivot expliquer avec véhémence qu’il déteste les mots en « ique ». Et pleuvent de ma jeune consoeur en formation les problématique, les psychologique, les éthique, les hystérique, les triangle dramatique* (une fois),…., les triangle dramatique (deux fois),…, tu sais, je me suis victimisée dans ce triangle dramatique. Et trois fois bien sûr, le triangle.

O écoles de formation, comme vous élevez nos esprits !

*Petite explication : le triangle dramatique ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Triangle_dramatique in wikipedia où c’est bien dit, mais fort mal orthographié ) propose une schématisation de la relation à trois où on jouerait alternativement le rôle de persécuteur, de victime ou de sauveur. Ma grand-mère qui n’était pas docteur en psychologie avait tendance à dire « quand on est trois, y’en a toujours un qu’est de la baise ». Pour les mauvais esprits, elle évoquait l’idée qu’il faut voyager par nombre pair, c’est plus aisé.

Ma jeune consoeur qui se retrouvait de la baise, puisque « bouc-émissairisée » dans un triangle qui n’avait plus rien à envier à son collègue des Bermudes, commença soudain à évoquer les détails et participants au dit triangle. Je l’arrête en souriant « tu ne vas tout de même pas me raconter ton cas ». Elle sourit et reprend son histoire. Je l’arrête de nouveau
- attention, tu ne respectes pas le secret professionnel** !
- tu plaisantes, pas avec toi, tu es coach
- et alors ?
- ben … tu es aussi au secret professionnel
- oui, ça veut dire quoi ?
- ben … que tu ne peux pas répéter
- tu le fais bien !
- oui, mais on est entre nous !
- et alors ?
- toi, je te connais, j’ai confiance
- et alors ?
- je ne peux pas te parler de ça ?
- tu as un superviseur, il est là pour ça
- le coach, le coaché et le superviseur personne d’autre ?
- non, tu vois, ça en fait trois, mais ça n’a rien de dramatique

De grâce, écoles qui élevez l’esprit, consacrez à vos élèves la demi journée nécessaire à appréhender la déontologie de notre métier de façon très pratique. Et n’oubliez pas de développer la notion de secret professionnel dans le détail*** toute notre crédibilité en dépend.

**Petite explication : secret professionnel. Dans le métier, toutes les chartes, toutes les déontologies l’évoquent, voire l’invoquent. Et dur comme fer, il ne sera pas violé par nous. Seulement voilà, on n’est ni notaires, ni avocats, ni journalistes et très peu d’entre nous sont médecins. Et si un policier ou un juge exige de voir nos dossiers, nous pourrons toujours taper sur le mur avec nos petits poings et jurer qu’on ne nous y reprendra pas, nous ne pourrons pas nous opposer à une fouille. Aussi, en ce qui me concerne, je détruis mes notes d’une séance à l’autre, en effet ...

***Je ne suis pas plus malin que les autres. J’ai une formation juridique et j’ai coaché un notaire qui m’a « ouvert les yeux » :
- Ah oui, vous êtes au secret professionnel, mais savez-vous vraiment ce que c’est ? Non décidément, ça me fend le cœur mais détruisez vos notes !

jeudi 17 juillet 2008

1ERS COMMENTAIRES A CHAUD SUR UNE PEINTURE EN TROMPE L’OEIL

Hier au soir, j’entre chez mon ami Henri. Les peintures sont refaites à neuf. Je me souviens maintenant qu’il me l’avait dit, mais je ne l’avais pas retenu. Je suis surpris, impressionné même par la sensation d’agrandissement qu’un judicieux choix de couleurs a permis.
- Ton salon fait réellement plus grand, c’est réussi
- Tu trouves ?
- Oui bien sûr
- Je te demande ça parce que Fabienne et Clémentine ont toutes les deux trouvé que, certes c’était bien, mais que c’était plutôt mal fini

Je scrute alors et m’aperçois que sur les arêtes effectivement, ça n’est pas parfait, mais cela suppose de bien regarder. Fabienne et Clémentine ont le souci du détail, mais pas au point de se masquer l’essentiel. Je ne comprends pas leur réaction, mais j’évite pour l’instant d’élaborer la moindre hypothèse, je préfère leur en parler.

Puis Henri de me raconter le difficile avancement des travaux, les ouvriers qui abimaient tout, le chantier invivable pendant une semaine. Il était allé se réfugier chez Clémentine. J’imagine les deux ou trois soirées de plaintes incessantes auprès de Fabienne et Clémentine et tout d’un coup, ça me parait évident : lorsqu’elles allèrent visiter le résultat, elles cherchèrent des traces des récits d’Henri et les trouvèrent rapidement. Henri avait raison, ces ouvriers étaient malpropres. Il y avait des bavures et les arêtes étaient irrégulières. Elles avaient été « conditionnées » par la lassitude d’Henri et lui donnaient raison. Oui, l’ensemble est bien, mais à quel prix ?
Henri s’était senti trahi par celles là mêmes qui l’accompagnaient. J’étais venu sans le moindre a priori et sans même me souvenir que des travaux s’étaient déroulés. J’ai été réellement et positivement surpris. J’ai rassuré Henri, pourtant, dans toute cette affaire, j’étais moins proche de lui que nos copines.

Au fait, en peinture, que veut dire précisément le mot trompe l’œil ?