jeudi 25 octobre 2007

Chronique Lettre de l'Assurance 24/10/07

Lundi 15 octobre : Le vélo et surtout son héraut moderne, le vélib’ est un progrès réel par rapport à la voiture. La Ford T au moment de sa sortie était un progrès réel par rapport au vélo.
En Chine, en ce moment, on progresse. Si les chinois adoptent nos vues sur l’évolution de la planète, un milliard trois cent millions d’individus vont devoir se faire ceinture de la voiture, précisément au moment où à force de générations sacrifiées ils ont les moyens de s’en offrir. Au vu du succès du contrôle de la natalité (500 millions de petits chinois en 1966) on peut penser que les « autorités » ont du travail sur la planche.
Pourtant un optimisme béat s’affiche sur mon visage lorsque je constate qu’à une moindre échelle – Paris dépasse à peine les deux millions d’habitants – on a terrassé les crottes de chiens. Je reconnais volontiers que ces sacs en plastique sont fort disgracieux et que la connaissance que nous avons de leur contenu n’anoblit pas l’image de la créature qui cherche désespérément une poubelle publique transparente. Ainsi, la semaine dernière, dans ma rue, un homme la trentaine râle en passant à côté d’une jeune femme, laquelle attendait que son petit chien se soit libéré dans le caniveau. Et le monsieur de lui reprocher de ne pas ramasser. Il est clair pourtant que l’animal n’avait pas fini, et la dame faisait des efforts puisqu’elle brandit au nez de l’impudent le fameux sac plastique partiellement rempli, avant de le traiter de … merdeux. Une fulgurance !! L’effort est d’autant plus méritoire qu’il est efficace. On peut maintenant, à Paris, marcher la tête haute.
Alors certes, les « autorités » chinoises ont du pain sur la planche, mais une saine observation du modèle français leur permettrait le prochain bond en avant.

Mardi 16 octobre : vous recevez sans doute ces mails récurrents et assommants vous rappelant, que vous soyez femme ou homme, que votre sexualité défaille et que votre anatomie pourrait être plus impressionnante. Dans la série, il y a aussi ces veuves ou orphelines d’un homme d’affaires, parfois indélicat, qui demandent votre aide très estimée pour sortir le magot moyennant un confortable pourcentage. Et bien, la semaine dernière, c’est Mademoiselle … Kone MAWA qui sollicitait mon aide.
Mercredi 17 octobre : 2 sondages au sujet de la grève programmée du lendemain. D’après le CSA 54 % des français sont pour. En revanche, 55 % des mêmes français la trouvent injustifiée selon BVA. Précision : ces sondages étaient publiés respectivement par Libération et Le Figaro.
Le même jour : la presse annonce le remplacement de Jean-Michel Charpin à la tête de l’INSEE par Jean-Philippe Cotis. En cause une inimitié politique alimentée par les polémiques sur la fiabilité des chiffres du chômage au sens du BIT et du pouvoir d’achat, en pleine campagne présidentielle.

Semaine du 15 octobre : Jean-François Roubaud, président de la CGPME se déclare abasourdi par les révélations de la presse sur la cagnotte constituée par l’UIMM afin de fluidifier les relations avec les syndicats. Abasourdi, il semble être le seul. Les vingt dernières années nous ont suffisamment prouvé qu’en matière de financement d’institutions, réalité et fiction se télescopent avec légèreté ou parfois lourdeur. Mais c’est son rôle et si en France aujourd’hui quelqu’un doit être abasourdi, c’est lui !
Paradoxe : Fermons les yeux – si je puis dire. Les entreprises dépendant de l’UIMM cotisent. L’UIMM met de côté son bas de laine. D’après la presse et le prédécesseur de Denis Gautier-Savagnac, elle le redistribuerait aux syndicats pour fluidifier (liquéfier, lubrifier ou plutôt, en ce moment, liquider) leurs relations. Il serait alors cocasse que d’une façon ou d’une autre cet argent serve à financer des grèves dans d’autres secteurs professionnels.

Jeudi 18 octobre : les cadres avec lesquels je travaille ressentent souvent le syndrome de l’imposteur : « J’ai fait tout ce que j’ai pu pour avoir ce poste, mais je ne m’y sens pas à l’aise » J’ai lu sur Marianne la semaine dernière un article sur les vrais imposteurs. Vous vous souvenez peut-être de ce cri d’alarme de la rentrée : « désastre sanitaire aux Antilles » qui auraient abusé d’un insecticide toxique dans les années 2000. Une fois la pression médiatique retombée, on a bien retrouvé des traces de cet insecticide dans des prélèvements sanguins, mais à des taux 10 fois inférieurs aux taux de toxicité. Il semblerait, toujours d’après Marianne, que cette opération ait essentiellement visé à vendre une étude privée qui avait déjà été réalisée de façon plus complète et plus vaste par l’INSERM.
Pour réagir contre les vrais imposteurs, mangez des bananes et des ananas.

Vendredi 19 octobre : malaise. Thomas Hugues et Laurence Ferrari annoncent – le lendemain de l’Elysée – leur propre divorce. Le titre de Libération est particulièrement affligeant: « Laurence Ferrari et Thomas Hugues divorcent eux aussi ». Ce « eux aussi » veut-il dire : « il ne manquait plus qu’eux ! » ou « au point où on en est ! » ou « non mais, ça ne va pas ? ». En tout cas, un jour après, le « eux aussi » ne s’est pas retrouvé dans le traitement médiatique. Quelques communiqués, pas un article, pas une photo avec les enfants, dans le jardin. A tel point qu’on a l’impression qu’il s’agit d’un canular ou … qu’ils auraient calculé une date qui permette que l’annonce ne soit pas couverte par les médias. Mais ça supposerait qu’ils aient eu, pas mal de temps à l’avance, de bons tuyaux sur une possible diversion.

Philippe Bonargent – Coach d’entreprise
philippe@resolutions-coaching.com

jeudi 11 octobre 2007

Chronique Lettre de l'Assurance 10/10/07

Mercredi 3 octobre : discussion avec ma fille. Vous l’avez peut-être remarqué, la tendance à la télévision est à l’interactivité d’une histoire par le public. Ainsi, on peut choisir un programme (le concert de fin d’année sur Arte, par exemple) ou même parfois, la fin d’une histoire. Je trouve personnellement cela sympathique et progressiste. D’après Alix, il semble que la première fois, ce soit arrivé avec la fin de Mash, la version feuilleton du film très critique de Robert Altman sur la guerre du Vietnam, (je n’ai pas trouvé de confirmation sur internet) où le héros périssait dans un accident d’hélicoptère. Le public outré avait harcelé la chaîne pour obtenir une fin où le héros survivait. Sachant en France la sensibilité que nous avons encore vis-à-vis de la guerre d’Algérie, on peut comprendre cette protestation américaine comme à fleur de peau et infiniment plus profonde qu’un jeu sur l’interactivité. Aujourd’hui donc, si nous excluons ce précédent douloureux, on nous propose de voter à la majorité pour une version ou une autre de la fin de l’histoire. Et ma fille de conclure : « si un auteur n’est pas fichu de décider et d’assumer la fin de l’histoire qu’il raconte, on n’a qu’à s’en passer ». Je la rejoins finalement sur cette idée et jure qu’à tout jamais, je me méfierai d’une première impression sympathique et progressiste.

Vendredi 5 octobre : alléluia. Marion Jones a avoué s’être dopée. Elle est prête à rendre ses médailles (elle l’a fait le 8) et adresse ses excuses au monde entier. Le lecteur interloqué est en droit de se demander pourquoi cet alléluia…. Pas parce qu’elle a permis de consacrer une française (vérification faite sur Wikipedia), pas parce qu’aujourd’hui mon esprit est dérangé. Non tout simplement parce que pour la première fois depuis fort longtemps, une célébrité sur-médiatisée, qui a commis une faute, accepte de le reconnaître et va jusqu’à présenter ses excuses. A voir toutes ces personnes qui après une condamnation en appel persistent à faire croire à l’erreur judiciaire, au complot, le juriste de formation que je suis avait fini par croire que la communication entachait définitivement la manifestation de la vérité. Aussi, en dépit de cette tragédie et de votre faute… merci à vous Marion Jones de me permettre de dire à mes enfants que dans la vraie vie, les méchants peuvent se faire prendre et le regretter, sans passer pour quelqu’un qui nie la réalité. Merci à vous de prouver aux services de relations publiques qu’on peut s’en sortir la tête haute en reconnaissant les faits.

Vendredi 5 octobre : journée définitivement riche en évènements sportifs. L'équipe de France de fleuret masculin s'est imposée vendredi en finale des Championnats du monde de Saint-Pétersbourg. Bravo d’abord aux fleurettistes. J’espère que vous n’êtes pas dopés…. Le commentateur ajoute : « il est dommage que la discipline ait été supprimée des jeux olympiques ». L'équipe de France de fleuret masculin l’a emporté pour la gloire. En ces temps de productivité à outrance, de rationalisation, de « vous n’êtes pas dans le sujet, on perd son temps », je me rappelle de Monsieur Crozes, professeur de mathématiques en terminale C à Henri IV (en 1975) à qui nous avions eu l’outrecuidance de réclamer des révisions un mois avant le baccalauréat. « Mais enfin les enfants, on n’est pas ici pour bachoter, on est là pour apprendre et se cultiver ». Merci à vous les fleurettistes de nous rappeler que cette époque où on pouvait se dépenser pour la beauté du geste n’est pas totalement dépassée.

Dimanche 7 octobre : métro Denfert-Rochereau, le matin. Entre un jeune homme seul, la mine totalement défaite, accoutré d’une perruque rose mal ajustée. Je pense au match de la veille (Rugby France- New Zealand) et suppose qu’il a fêté ça toute la nuit, mais ce mélange d’air défait, de solitude, de décalage par rapport aux autres voyageurs me fait rire… un peu au début, puis progressivement se transforme en fou rire… communicatif, tout le wagon, se met à rire. Grâce à un jeune homme endormi, tout un wagon a pu rire, ce que je n’avais jamais vu jusque là. J’ai passé une superbe journée.

Philippe BONARGENT
Coach