Lundi 16 juillet : Bangalore. Pendant un reportage sur l’Inde, la voix off cite « Bangalore, la capitale mondiale de la saisie informatique ». Je me souviens avoir travaillé avec l’Inde dans les années 80. A l’époque, Bangalore était la capitale locale du rechapage de pneus. Il y avait souvent des tags sur les murs : « no to computers, they kill our jobs » (halte aux ordinateurs, ils prennent nos emplois). Si à l’époque on avait pratiqué quelque démocratie participative - à la mode de tous bords en France – Bangalore serait aujourd’hui aussi pauvre que lorsque je l‘ai connue.
Mardi 17 juillet : 4ème pouvoir. Toujours à la télévision, une phrase glanée « le scandale des prêtres pédophiles aux Etats-Unis a commencé en 2000 ….pour des faits qui remontent aux années 90 ». Je suis allé vérifier chez Larousse, scandale : 2- affaire malhonnête qui émeut l’opinion publique. 4- fait qui heurte la conscience, le bon sens, la morale, suscite l’émotion, la révolte. Pour le journaliste, le scandale existe lorsque les faits sont reportés au public. Pour les enfants concernés, à quand remonte-t-il ? Ainsi, le journaliste re-date l’histoire. Hommes et femmes politiques pratiquent le néologisme. Les journalistes créent des dates journalistiques. Quelle est la différence fondamentale entre 1990 et 2000 ? L’émotion, l’humain. En 1990 la victime subit. En 2000 les savants relatent.
4ème pouvoir (2) : fréquemment, en cours de journal télévisé le(a) présentateur(trice) envoie une rubrique d’infos diverses par la phrase « et maintenant, voici la première des informations de l’étranger » ou « des informations en bref … ». Notre écoute est phonétique. Je vais vous écrire ce que j’entends : « et maintenant, voici la première désinformation de l’étranger »…
Mercredi 18 juillet : Ennemis ? Petit déjeuner pour discuter avec un jeune cadre bancaire ayant titre de directeur. Le gros de sa problématique : se trouver jeune directeur au sein d’un service dont tous les membres sont plus âgés que lui et travaillent à l’ancienne. Sportif, plutôt beau garçon, il y croit, il en veut, il est malheureux et apparemment, pour la première fois de sa courte carrière -il a 32 ans- il doute de lui, il a l’impression qu’il n’y arrivera pas. Il y a deux ans, il travaillait dans une société anglo-saxonne où on appréciait sa rapidité de jugement, son respect des délais. Aujourd’hui, il doute et produit moins bien au sein d’une société française où la pyramide des âges est cintrée (beaucoup de moins de 30 ans et de plus de 50, peu d’intermédiaires)
Même jour, début de soirée. J’ai rendez-vous avec une juriste de 45 ans, travaillant dans le milieu de l’assurance. Elle se sent placardisée. Elle souffre depuis l’arrivée d’un chef de service, la trentaine, qui ne supporte pas de travailler avec de « vieux tocards », elle se demande si elle doit rester ou chercher autre chose.
Mon propos n’est pas d’indiquer ici la fin de l’histoire, seulement de m’étonner que dans des sociétés importantes, avec des services RH conséquents, on laisse souffrir des cadres. Aujourd’hui, nous les coachs sommes à même de proposer des solutions pour améliorer les conditions de travail junior/senior. Or ce qui me confond, c’est que ces deux personnes soient venues me voir à titre personnel.
Jeudi 19 : petit exercice à appliquer au retour des vacances, une fois reposé et détendu. Savez-vous témoigner de la reconnaissance à vos collaborateurs, vos collègues, vos supérieurs ? On peut penser qu’éventuellement votre habileté est croissante sur cette liste. Pourtant, il est simple et logique de penser qu’un collaborateur reconnu travaillera avec plus de plaisir et donc d’efficacité et de dévouement. Exercice de base que vous vous approprierez à votre façon plus tard, si vous en trouvez l’impact efficace. Pensez que chaque semaine vos collaborateurs devraient entendre de vous une phrase qui commence par « ce que j’aime en vous, c’est … » et ajoutez un qualificatif différent chaque fois. D’emblée, ça semble un peu simplet, mais jour après jour, vous verrez l’effet vacances se prolonger au même titre que votre bronzage maintenu par des UV ou de l’autobronzant. Et en faisant du bien à vos proches, c’est à vous que vous en faites. Le cercle est vertueux.
Vendredi 20 juillet : route des vacances. Serions nous tous schizophrènes ? Avez-vous remarqué que lorsque vous êtes piéton, vous n’appréciez pas que les voitures mordent sur un feu, fassent vrombir leur moteur, laissent imaginer qu’elles pourraient ne pas vous laisser exercer votre droit imprescriptible à être prioritaire, même lorsque le feu est vert, si vous l’avez décidé. Avez-vous remarqué, lorsque vous êtes au volant, à quel point ces piétons sont péremptoires, sans-gêne et peu respectueux de votre propre respect de la loi, car enfin, un coup d’accélérateur et tous ces coqs finissent sous vos roues. C’est le fait que je sois raisonnable et maître de mon véhicule qui me permet de ne pas écraser cet abruti qui a le culot de me toiser en plus. Dans les deux cas, on est à la fois l’autorité qui édicte les droits et devoirs de l’autre et le gamin qui les transgresse. En aucun cas, on n’est vraiment adulte, faute de respect de l’autre. Voici typiquement des rapports d’affrontement inutiles. Il est fort probable qu’au retour des vacances et avec un peu de recul, vous soyez pour quelques jours indifférent aux deux situations. Essayez de faire durer, malgré le stress et les soucis qui s’accumulent : vous serez, pendant quelques temps, le maître de votre changement.
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