jeudi 26 juillet 2007

Chronique Lettre de l'Assurance 26/07/07

Lundi 16 juillet : Bangalore. Pendant un reportage sur l’Inde, la voix off cite « Bangalore, la capitale mondiale de la saisie informatique ». Je me souviens avoir travaillé avec l’Inde dans les années 80. A l’époque, Bangalore était la capitale locale du rechapage de pneus. Il y avait souvent des tags sur les murs : « no to computers, they kill our jobs » (halte aux ordinateurs, ils prennent nos emplois). Si à l’époque on avait pratiqué quelque démocratie participative - à la mode de tous bords en France – Bangalore serait aujourd’hui aussi pauvre que lorsque je l‘ai connue.

Mardi 17 juillet : 4ème pouvoir. Toujours à la télévision, une phrase glanée « le scandale des prêtres pédophiles aux Etats-Unis a commencé en 2000 ….pour des faits qui remontent aux années 90 ». Je suis allé vérifier chez Larousse, scandale : 2- affaire malhonnête qui émeut l’opinion publique. 4- fait qui heurte la conscience, le bon sens, la morale, suscite l’émotion, la révolte. Pour le journaliste, le scandale existe lorsque les faits sont reportés au public. Pour les enfants concernés, à quand remonte-t-il ? Ainsi, le journaliste re-date l’histoire. Hommes et femmes politiques pratiquent le néologisme. Les journalistes créent des dates journalistiques. Quelle est la différence fondamentale entre 1990 et 2000 ? L’émotion, l’humain. En 1990 la victime subit. En 2000 les savants relatent.
4ème pouvoir (2) : fréquemment, en cours de journal télévisé le(a) présentateur(trice) envoie une rubrique d’infos diverses par la phrase « et maintenant, voici la première des informations de l’étranger » ou « des informations en bref … ». Notre écoute est phonétique. Je vais vous écrire ce que j’entends : « et maintenant, voici la première désinformation de l’étranger »…

Mercredi 18 juillet : Ennemis ? Petit déjeuner pour discuter avec un jeune cadre bancaire ayant titre de directeur. Le gros de sa problématique : se trouver jeune directeur au sein d’un service dont tous les membres sont plus âgés que lui et travaillent à l’ancienne. Sportif, plutôt beau garçon, il y croit, il en veut, il est malheureux et apparemment, pour la première fois de sa courte carrière -il a 32 ans- il doute de lui, il a l’impression qu’il n’y arrivera pas. Il y a deux ans, il travaillait dans une société anglo-saxonne où on appréciait sa rapidité de jugement, son respect des délais. Aujourd’hui, il doute et produit moins bien au sein d’une société française où la pyramide des âges est cintrée (beaucoup de moins de 30 ans et de plus de 50, peu d’intermédiaires)
Même jour, début de soirée. J’ai rendez-vous avec une juriste de 45 ans, travaillant dans le milieu de l’assurance. Elle se sent placardisée. Elle souffre depuis l’arrivée d’un chef de service, la trentaine, qui ne supporte pas de travailler avec de « vieux tocards », elle se demande si elle doit rester ou chercher autre chose.
Mon propos n’est pas d’indiquer ici la fin de l’histoire, seulement de m’étonner que dans des sociétés importantes, avec des services RH conséquents, on laisse souffrir des cadres. Aujourd’hui, nous les coachs sommes à même de proposer des solutions pour améliorer les conditions de travail junior/senior. Or ce qui me confond, c’est que ces deux personnes soient venues me voir à titre personnel.

Jeudi 19 : petit exercice à appliquer au retour des vacances, une fois reposé et détendu. Savez-vous témoigner de la reconnaissance à vos collaborateurs, vos collègues, vos supérieurs ? On peut penser qu’éventuellement votre habileté est croissante sur cette liste. Pourtant, il est simple et logique de penser qu’un collaborateur reconnu travaillera avec plus de plaisir et donc d’efficacité et de dévouement. Exercice de base que vous vous approprierez à votre façon plus tard, si vous en trouvez l’impact efficace. Pensez que chaque semaine vos collaborateurs devraient entendre de vous une phrase qui commence par « ce que j’aime en vous, c’est … » et ajoutez un qualificatif différent chaque fois. D’emblée, ça semble un peu simplet, mais jour après jour, vous verrez l’effet vacances se prolonger au même titre que votre bronzage maintenu par des UV ou de l’autobronzant. Et en faisant du bien à vos proches, c’est à vous que vous en faites. Le cercle est vertueux.

Vendredi 20 juillet : route des vacances. Serions nous tous schizophrènes ? Avez-vous remarqué que lorsque vous êtes piéton, vous n’appréciez pas que les voitures mordent sur un feu, fassent vrombir leur moteur, laissent imaginer qu’elles pourraient ne pas vous laisser exercer votre droit imprescriptible à être prioritaire, même lorsque le feu est vert, si vous l’avez décidé. Avez-vous remarqué, lorsque vous êtes au volant, à quel point ces piétons sont péremptoires, sans-gêne et peu respectueux de votre propre respect de la loi, car enfin, un coup d’accélérateur et tous ces coqs finissent sous vos roues. C’est le fait que je sois raisonnable et maître de mon véhicule qui me permet de ne pas écraser cet abruti qui a le culot de me toiser en plus. Dans les deux cas, on est à la fois l’autorité qui édicte les droits et devoirs de l’autre et le gamin qui les transgresse. En aucun cas, on n’est vraiment adulte, faute de respect de l’autre. Voici typiquement des rapports d’affrontement inutiles. Il est fort probable qu’au retour des vacances et avec un peu de recul, vous soyez pour quelques jours indifférent aux deux situations. Essayez de faire durer, malgré le stress et les soucis qui s’accumulent : vous serez, pendant quelques temps, le maître de votre changement.

dimanche 15 juillet 2007

Chronique Lettre de l'Assurance 10/07/07

Lundi 25 juin. Le geste d’Auguste l’afficheur. Avez-vous remarqué sur les quais du métro que lorsqu’un colleur d’affiches est à l’œuvre, la plupart des voyageurs cessent leur activité illico et l’observent. Je suis personnellement fasciné par leur adresse et la précision du geste. Mes expériences malheureuses en matière de papier peint m’incitent à penser qu’à chacun son métier. Et là : il étale la colle, puis l’affiche, maroufle. Le geste est précis et assuré, puis il utilise les instruments idoines pour nettoyer le tour de l’affiche, le sol et éventuellement le bord de banc à proximité. Tous ces gestes parfaitement exécutés, on sent que tout a été pensé. Me disant que ce regard convergent des passagers du métro est une sorte d’hommage au travail bien fait, j’en parle avec émotion avec une collègue de travail, laquelle me dit que venant de la publicité, elle adore regarder l’affiche prendre vie et qu’elle n’a pas remarqué la gestuelle de l’opérateur. Intrigué, j’en parle à une autre qui avoue avoir été attirée par les muscles du dernier colleur d’affiches. Je suppose qu’autant de questions, autant de réponses. Aussi, lorsque sur le quai d’un métro tous les regards convergent, c’est comme dans le poste de télé, chacun y prend ce qu’il veut.

Mardi 26. La télé aquarium. Je lisais récemment que la technologie LCD semble définitivement l’emporter sur le plasma, quel que soit le format. Vive donc le LCD. Et chacun d’y aller de son accrochage de la plus belle télé avec effet surround comme au cinéma. Je plains les marchands d’art, il n’y aura bientôt plus de place sur les murs. A Sienne ou à Florence, on rivalisait par la hauteur des Palais qu’on se faisait construire. Aujourd’hui, la taille de l’écran semble être un signe intérieur de richesse. Je me souviens des murs écrans inventés par Luc Besson dans le 5ème élément qui pouvaient changer la couleur et l’ambiance d’une pièce instantanément. La réalité rattrape la fiction. Ce qui me fait peur, c’est la réflexion d’un de mes amis : « au train où ça va, on ne saura bientôt plus de quel côté de l’aquarium on est ! ».

Mercredi 27. Les buffles et les lions. Sur le lien http://www.youtube.com/watch?v=LU8DDYz68kM vous trouverez une vidéo montrant un affrontement entre des lions et des buffles. Des lions … des buffles…. on connaît la chanson. Les lions se tapissent, attendent patiemment que le troupeau de buffles se rapproche. Choisissent un faible, un jeune ou un malade, lui courent après et le tuent pour le manger, pendant que les buffles survivants et majoritaires se regroupent, loin de là. Vous seriez, lecteur, en droit de vous étonner qu’on attire votre attention sur un sujet qui n’intéresse que les enfants…. et vous auriez raison de réclamer plus consistant puisque vous l’allez obtenir. Imaginez maintenant que vous cliquiez sur le lien et que vous voyiez d’abord les lions en embuscade, isolant un buffle plein d’avenir, le laissant maladroitement tomber à l’eau et l’arracher aux crocodiles pour … le manger en paix. Bon, les lions ont suivi leur instinct, récupérer une proie. Mais, et c’est là que commence la surprise, les buffles qui se sont dit qu’ils n’étaient pas des bœufs profitent de ce sauvetage pour se regrouper. Puis se rapprocher, sûrs d’eux, pas vraiment agressifs, formant un véritable mur de buffles en mouvement. Il vont se rapprocher des lions jusqu’à ce qu’ils s’enfuient les uns après les autres, jusqu’au dernier. Un seul buffle mourait assurément. Un mur de buffles met une troupe de lions en fuite. Ils sont déterminés. Ils bravent le danger. Ils deviennent téméraires et exaltés. Une seule condition : être collectivement sûrs de leur solidarité. Ils le ressentent suffisamment pour dépasser leur peur…. et pourtant, ils n’ont pas de coach….


Jeudi 28. Verdi ou Vivaldi. Ancienne actrice lyrique, Emma participe à un groupe de théatre. Nous entendons une soprano. Un de mes voisins demande à l’hôte si c’est bien du Verdi qu’elle chante. Et Emma de regarder l’imprudent. « si tu ne sais pas distinguer des compositeurs sur un siècle de distance !!! ». Question ouverte, réponse enfermante. Curiosité, audace, interdiction du droit à l’erreur. On pourrait imaginer un autre scénario. Un homme et une femme apprennent l’un de l’autre avec respect et plaisir. C’est de la communication. Ici, l’homme s’est senti rejeté et ne reposera plus de question, à cette femme certainement, à qui que ce soit peut-être. La femme aurait pu renseigner et transmettre ses connaissances et sans doute se sentir moins seule. Au lieu de cela, l’impression fugitive d’avoir brillé quelques secondes laisse la place à une immense lassitude. Finalement, ç’aurait pu être rattrapé. Un mot gentil, quelque chose. Mais lorsqu’on en est là, même si ce n’est pas rationnel, on préfère ne pas rattraper ses erreurs.

mardi 10 juillet 2007

Chronique dans la lettre de l'assurance 27/06

Lundi 18 juin. Les études américaines dont on peut penser que les résultats ne sont pas éloignés des nôtres convergent sur le fait que la résolution de conflits prend environ 20% du temps de travail d’un cadre. En tant que coach travaillant essentiellement avec des cadres et membres de professions libérales, j’atteste. Et en rajoute : un conflit bien résolu permet de gagner du temps et de la cohésion.
Nous connaissons tous ce truc des couples un peu fatigués : après une vraie dispute, les étreintes sont plus toniques. Cela me semble supposer quelques conditions : avoir l’esprit dégagé de tout ressentiment, ce qui suppose d’être allés jusqu’au bout de la dispute ; avoir la perspective d’avoir un bout de chemin à faire ensemble et pouvoir trouver là matière à se dépasser ; savoir se protéger et protéger l’autre. On arrive à l’acquérir dans sa vie privée. On doit pouvoir l’atteindre dans sa vie professionnelle pour laquelle les enjeux sont différents.
J’ai accompagné un groupe de cadres au sein d’une PME la semaine passée. Alors que tout semblait positif et stimulant, deux femmes d’âges opposés et de cultures différentes (latine pour la senior et anglo-saxone pour la junior) se prennent soudain le bec. Un ancien réflexe m’eût conduit à m’inquiéter. Je sentais que l’altercation gâchait le plaisir de la DRH qui jusque là était ravie d’avoir choisi un coach pour améliorer le comportement managérial de ses équipes. Les autres participants étaient également mal à l’aise.
Pourtant, il me suffit d’organiser la parole des belligérantes pour résoudre notre affaire. « Elena, je te donne une minute pour exprimer ton ressenti…merci à toi ». Et réciproquement. Deux navettes plus tard, la rage est rentrée. Puis je demande à chacune d’expliquer ce qui vient de se passer. Cette invitation à porter un regard extérieur est le moment où le conflit va passer de la gêne à l’état de moteur.
Bénéfice : mes stagiaires ont compris que le conflit n’était pas la fin du monde et qu’ils étaient maintenant à même d’en faire quelque chose. La DRH a l’intention de continuer à travailler avec moi. On va enfin pouvoir utiliser les nombreuses vertus de la bienveillance. Merci à ce conflit.

Mardi 19. La queue à la FNAC. Queue américaine, monofile et serpentine. L’esprit badin et dégagé, l’ouvrage de Michel Giffard (mon superviseur) et Michel Moral « coaching d’équipe »[1] à la main, j’avance lentement. Et sens que la personne derrière moi ne respecte pas mon cercle d’intimité. Je sens presque son souffle sur mon cou. C’est scandaleux. J’use alors de subterfuges, fais mine d’avancer et me bloque, avance et m’arrête brusquement. A chaque manœuvre l’intrus est confondu, démasqué, mais rien n’y fait. Toujours sur mes talons. C’est bientôt mon tour de passer. Je décide alors de me retourner, préparant mon regard le plus méprisant. Et aperçois alors …. cette très belle personne qu’on rêve tous de rencontrer un jour. C’était mon jour et je l’ai stupidement gâché. S’il devait y avoir une morale à cette histoire : toujours jeter un œil interrogatif sur une situation avant d’agir.
[1] Editions Armand Colin

Mercredi 20. Un client me demande de l’aider à corriger certains défauts. En fin de séance, il décide de consacrer son temps à l’amélioration de ses points forts.

Jeudi 22. J’ai commencé à travailler alors que le téléphone portable n’existait pas, ni le fax, ni l’utilisation domestique de l’informatique. On utilisait le télex, le courrier sur IBM à boule et le téléphone fixe. La moindre erreur d’orthographe obligeait à ré-écrire intégralement sa copie. Le supérieur hiérarchique dictait, donnait ses notes ou enregistrait le courrier. On prenait son temps. On réfléchissait. Se lamenter et regretter ce bon vieux temps ne sert à rien. L’époque a changé. Aujourd’hui, Nick Leeson de la banque Bearings à Hong Kong est en mesure de la couler, par la vitesse de ses décisions et un certain génie informatique qui lui permet de dissimuler provisoirement ses turpitudes. J’ai vu à la télévision le Prince Al Walid, 8è fortune mondiale prendre sur réception d’un texto une décision l’engageant sur des milliards de dollars en moins de 10 secondes, c'est-à-dire entre deux questions du journaliste. Il est fort possible que ce moment soit la fin d’un processus de réflexion chez lui, mais il est fascinant qu’un simple oui ou non puisse engager autant de monde autour de lui en un si bref délai. Tout cadre est aujourd’hui en mesure de prendre une décision aussi rapide, parfois conduit à le faire. Entre ces deux époques, trouvez-vous que la réflexion sur le stress ait autant évolué ?

Chronique dans la lettre de l'assurance 13/06

Lundi 28 : traitement administratif. RAS.

Mardi 29 : croisé dans la rue un camarade de fac. Je travaille dans l’assurance … Revoyant ma jeunesse, je me disais que l’assurance est à peu près le seul secteur qui ne fasse pas rêver. Quand on est jeune et qu’on nous demande ce qu’on veut faire, il y a quelques métiers qui ne sortent pas du chapeau. Notaire et assureur en font partie. On peut penser que pour le notaire, c’est un problème de complexité conceptuelle et de rareté numérique. Les assureurs, vous voyez une explication, vous ?

Mercredi 30 : chez un client (mutuelle moyenne en province). Le tout nouveau DRH me tient un discours enthousiasmant. « tu sais, mon père était syndicaliste. Il n’était pas tendre avec la direction et il avait raison. Je garde ça au fond de moi, c’est important » D’emblée, je me réjouis, me disant qu’avec ce garçon il n’y aura pas d’entourloupe. En même temps, je le vois souffler comme un bœuf en me racontant cela. Je ressens quelque chose d’étrange.
Le soir, avant que je parte, il revient me voir. « j’ai appris que tu coachais Francis ! » Là, je me mets directement sur mes gardes. Le « j’ai appris » me laisse entendre que la suite va être fastidieuse. En effet : « tu sais on va le virer, alors c’est pas la peine de lui consacrer plus d’argent. Et puis, on n’a pas de dossier, aussi, j’ai pensé que tu pourrais faire un rapport pour nous aider ». A ce point là, c’est la première fois. « tu sais que ta demande heurte ma déontologie et ma façon de travailler » Réponse du tac au tac « écoute c’est pas trop grave. Tu dois choisir ton camp. Si tu ne m’aides pas, ta déontologie et ta façon de travailler ne s’exprimeront plus chez nous ». Je prends mon regard hautain, voire éberlué et m’en vais. J’ai eu l’occasion de retravailler une journée avec eux. J’avais commencé un travail avec Francis et son service qui pouvait donner un bon résultat. Son successeur m’a d’ailleurs appelé à plusieurs occasions pour partager mon sentiment.
Bilan : Francis parti, le service se remet, son remplaçant est compétent, mais il doit m’appeler pour prendre en mains correctement son équipe.
Certes, des gens comme ça ne font pas rêver. Mais, c’est un cas plutôt isolé.

Jeudi 31: rencontre avec le directeur développement d’un groupe important. Je lui ai été présenté par un de mes clients. Il souhaite se faire coacher. Il m’interroge sur les conditions, la façon. Il est un peu intrépide. Je lui explique que sa démarche fait partie d’un tout. Il l’accepte. Pour lui c’est important. J’aborde la question des honoraires et lui demande si je dois me faire référencer. Je lis un trouble sur son visage. Il ne sait comment s’y prendre. « je ne souhaite pas que cela se sache. Je vous passerai en note de frais ». Est-il si difficile de dire qu’on cherche à s’améliorer. Aux Etats-Unis, ce sont les salariés des entreprises qui, bien payés, s’offrent un coaching et sont fiers de le faire savoir à leurs collègues. A-t-on honte de voir un coach ou se sent on rabaissé d’avouer une faiblesse. On est loin du management par la bienveillance[1]
[1] La Stratégie de la bienveillance Juliette TOURNAND InterEditions

Vendredi 1 : dans une école de commerce où je fais quelques vacations, un chasseur de tête ami prend de mes nouvelles. Je suis un peu gêné vis-à-vis de lui puisque la dernière fois que je l’ai vu, je ne l’ai pas reconnu. Il venait de perdre ses cheveux. Cancer de la prostate. Je suis passé devant lui et il a fallu qu’il m’appelle pour que je le remarque. Il me connaît assez pour m’avoir dit à l’époque : « ça fait mal ». Ses cheveux ont repoussé. Il se porte bien. Le hasard de la conversation nous fait parler des dérives chez certains clients. Il est plus radical que moi avec les RH. Pour lui, la pression les force à choisir un camp. Je ne le suis pas. J’évoque des cas isolés, lui narre ma mésaventure de mercredi. Je lui cite le nom du DRH. Lui : « je le connais, c’est un enfoiré ». Je suis rassuré, c’est bien un cas isolé. J’ai maintenant avalé moralement la perte de chiffre d’affaires qu’il a occasionnée. J’ai appris depuis qu’il avait trouvé un nouveau coach « qui sait prendre parti !». Grand bien lui fasse.

WE 2 & 3 : NYC avec mes enfants qui sont bi-nationales. Nous passons devant des fumeurs français sur l’avenue of the americas, en bas de l’immeuble AXA, installés en bas d’un immeuble affichant un panneau « definitively, don’t smoke in front of this lobby ». Ils disent qu’en France, côté cigarette, on est moins draconien. S’ils savaient à quelle vitesse nous nous adaptons…..